(le prénom ; le nom)
programme
équipe localisation date statut
mobilier urbain modulaire
mathis david + julie odille ronchin, métropôle européenne de lille 2026 en cours
module assise individuelle
module gradin
module scène
module amphithéâtre
Situé au croisement de plusieurs équipements publics, le parc concentre des usages variés et révèle une intensité particulière au cœur du quartier. Toutefois, au-delà de cette richesse programmatique, l’analyse de terrain met en évidence l’absence d’un élément fédérateur. Malgré la présence d’équipements existants ou en développement, il manque un point d’ancrage capable d’articuler ces différentes dynamiques. Le projet propose ainsi l’introduction d’un forum: un espace commun pensé comme lieu de convergence, où les trajectoires se croisent, où les usages dialoguent et où les interactions sociales se déploient.
S’inscrivant dans la lignée des aires de jeux développées par Aldo van Eyck à Amsterdam dans les années 1950, le projet mobilise une approche fondée sur des systèmes ouverts. À travers l’assemblage de modules simples, il ne s’agit pas de figer des fonctions, mais de créer les conditions d’une appropriation libre et évolutive de l’espace. La forme construite devient alors un support de pratiques et de relations, capable d’activer le site et de favoriser l’émergence de dynamiques collectives.
Afin de rendre le processus accessible et pédagogique, le choix du gabion s’impose comme une évidence. Composées de cages métalliques remplies de matériaux, ces unités permettent une mise en œuvre progressive, économique et ouverte à la participation. Elles constituent le socle d’un système modulaire décliné en quatre entités complémentaires : un gradin, une scène, une assise et un amphithéâtre. Leur articulation produit une installation cohérente, capable de structurer l’espace tout en diversifiant les usages.
Pensée comme un élément central du parc, l’installation agit comme un repère fédérateur reliant les différents équipements et leurs publics. Elle favorise la coexistence des pratiques sportives ou contemplatives et encourage la rencontre entre usagers. En offrant des points de vue en surplomb, des espaces d’échange et des lieux de représentation, elle participe à la mise en scène du quotidien.
Le projet s’inscrit également dans une logique de réemploi et de valorisation des ressources locales. Les gabions et leur remplissage sont conçus à partir de matériaux issus de filières de récupération. Cette approche limite l’apport de matière neuve tout en inscrivant le projet dans une économie circulaire. Elle ouvre également la possibilité d’une participation habitante, invitée à contribuer directement à la fabrication de l’installation en participant au remplissage des gabions. Chaque contribution, visible dans la structure finale, participe à l’identité du projet et renforce l’attachement au lieu. L’installation devient ainsi le support d’une expérience collective, où la fabrication de l’espace public rejoint celle du lien social.
La modularité du dispositif constitue par ailleurs un levier d’adaptation essentiel. Pensé pour s’intégrer dans différents contextes au sein du parc, le projet peut être reconfiguré selon les contraintes et les opportunités du site. Cette réversibilité permet également d’envisager son déplacement à l’échelle de la métropole, prolongeant ainsi son cycle de vie et ses usages.
Ainsi, le forum se présente comme une réponse située aux enjeux du parc de la Comtesse. Plus qu’un simple aménagement, il constitue un support d’expérimentation architecturale et sociale, articulant réemploi, participation et modularité. En favorisant les intéractions et en révélant les dynamiques locales, il affirme le potentiel de la micro-architecture comme outil de transformation des espaces du quotidien, capable de produire du lien et de nouvelles formes d’appropriation collective.